El trotamundo
Après de nombreux voyages en Amérique du Sud principalement, je me suis enfin décidé à partir avec un aller simple et pour une durée indéterminée. On verra où le voyage me mènera, ce que les rencontres me feront découvrir, quels sont les endroits qui me fascineront,... l'idée étant de pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi dans les mois à venir....

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Lobitos, olas y petroleo

        Une phrase écrite sur une carte postale accrochée au mur des toilettes. La photo représente une vague massive et tubulaire, une plate-forme pétrolière en arrière-plan. Car c'est ca Lobitos, des vagues et du pétrole.

        Après une nuit et une bonne partie de la journée suivante dans le bus, on arrive à Talara, un port de pêche où les ordures jonchent les trottoirs et où les vents marins soufflent un odeur de poisson pas frais. On monte dans le minibus pour quitter cette ville sans grand intérêt et on s'engage dans le désert où poussent des pompes à pétrole en activité continuelle. Après une demi-heure sur le chemin cahoteux, on apercoit une lance verticale crachant une flamme à la fumée noirâtre ce qui annonce notre arrivée à destination.

        Lobitos se situe sur la côte nord du Pérou, près de la frontiere avec l'Equateur, au milieu du désert côtier qui à cette latitude devient franchement aride. Ce village s'est développé dans les années 50 lorsque les américains ont commencé à extraire du pétrole mais après avoir largement consommé les ressources, ils sont partis en laissant tout sur place. La première fois que je suis venu, il y a 6 ans environ, on aurait vraiment dit un village fantôme mais peu à peu, les gens sont venus vivre dans les vieilles maisons en les retapant et on peut dire qu'aujourd'hui, c'est un peu plus. Malgré tout, on ne trouve que deux restaurants et il est préférable de commandé avant 21h pour s'assurer de manger quelque chose.

        Le minibus nous dépose chez Noemi et Darwin que j'ai connu à l'époque où ils géraient l'auberge municipale. Maintenant ils proposent leur propre hébergement dans une maison rebâtie et décorée de planches de surf et de photos de vagues. Devant la maison, une grande terrasse couverte où allongé dans le hamac, on peut buller pendant des heures en admirant la vague parfaite mais malheureusement trop rapide de Los Muelles. A l'arrière, un patio pour prendre sa douche en sortant de l'eau ou discuter un bout de gras avec les autres cohabitants en regardant Darwin réparer des planches.
        J'y avais déjà séjourné la dernière fois que je suis venu et je suis ravi de retrouver cette chaleureuse ambiance familiale où tout le monde cohabite dans la détente et la bonne humeur. Miguel, l'enfant de la maison, a maintenant 4 ans et vient causer avec chacun de nous sans la moindre timidité. On se lie rapidement d'amitié avec Danylo, un américain hispanophone (!!) qui connait bien cette endroit aussi et Mabel, sa future femme, une sympathique péruvienne au physique très caractéristique des gens de la selva (la jungle, ndlr). Jeha et Geraldin, deux bodyboardeuses vénézuéliennes, vont et viennent, courtisées par les gars du coin qui n'ont pas l'habitude de voir les filles surfer en tanga (moi non plus d'ailleurs). Daniel et Lula, un couple d'argentins en quête de plages paradisiaques prennent la bonne initiative de préparer des pizzas pour tous et on passe une superbe soirée qui se terminera exceptionnellement après minuit !! Rodrigo, un brésilien de Rio, fait le pitre et nous fait bien marré mais au bout de 3 jours, il ne supporte plus ce calme et cette tranquilité et part vers Mancora retrouvé des bars et de la musique à tous les coins.

        Il faut dire qu'il n'y a vraiment rien à faire à Lobitos et on prend très vite un rythme de vie monotone mais tellement agréable. Réveil tous les matins à 6h, lever vers 8h, petit déjeuner en regardant les vagues et en cherchant la meilleure option en fonction de la marée et du vent. Première session sous le soleil matinal déjà ardent (n'est-ce pas Druz ?). Retour à la maison pour le délicieux repas à base de poisson frais, riz et frejoles puis la sieste dans le hamac. Deuxième session, cette fois sous le soleil couchant qui peint le ciel de couleurs absolument fabuleuses. Dîner en regardant la telenovela chez Traquilino dont le tee-shirt en filet de pêche ne cache en rien son ventre prohéminent. On finit la journée en discutant sur la terrasse, à la lumiere du clair de lune, se remémorant les fantastiques sensations partagées à l'eau pendant la journée.
        Il m'arrive de faire quelques soins faisant ainsi mes premières expériences de kiné expatrié. Contre des repas gratuit, je traite le cou de Darwin et le pied de Noemi, pour quelques sous (qui me payeront une bonne partie de ma pension complete) le dos d'un espagnol qui s'est fait un lumbago avant de partir. Il faut que je m'y mette à présent, la durée de on voyage dépend de ma capacité à trouver des moyens de subventions.

        Lobitos est un vrai paradis pour les surfeurs: Il n'y a pas moins de sept vagues différentes sur 2-3 kilometres de plage et les bons jours, certaines peuvent comuniquer et dérouler sur des centaines de metres. Les swells venant de l'Antarctique assurent une fréquence quasi quotidienne. Il fait toujours beau, les plages sont immenses et le ciel bleu est tacheté par les milliers de frégates qui viennent piquer au vol les prises des autres oiseaux. Le vent chaud fait planer les pélicans qui rasent la surface des vagues comme pour nous imiter mais avec plus de noblesse. On est trop bien a Lobitos !!!

        Druz reste quatre jours sur place pour faire ses premiers pas de surfeur et se rend compte des compétences physiques que ca demande (petit joueur !!) puis nous nous séparons puisqu'il prend la direction de l'Equateur et les îles Galapagos. Disfruta Pedro ! Je reste pour profiter du gros swell tant attendu et à peine le Druz raccompagné au bus, les lignes commencent à s'épaissir au large. Pendant les six jours suivants, des murs de 2m-2m50 lèvent au pic et c'est l'extase pour tous les amoureux des courbes fluides. Des sensations fortes, des images plein la tête, Lobitos sait nous faire rêver et nous donner envie de revenir encore et encore... Au bout de 10 jours, je me décide à partir, tous les autres ont déja repris la route et c'est mon tour maintenant. Mes amis équatoriens m'attendent de pied ferme et m'ont déjà concocté tout un programme pour le week-end. Je dis au revoir a Darwin, à Noemi et au terrible Miguelito tout en sachant que je reviendrais bien un jour surfer les vagues interminables de Lobitos.



Publié à 05:40, le 19/02/2011, Lobitos
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