El trotamundo
Après de nombreux voyages en Amérique du Sud principalement, je me suis enfin décidé à partir avec un aller simple et pour une durée indéterminée. On verra où le voyage me mènera, ce que les rencontres me feront découvrir, quels sont les endroits qui me fascineront,... l'idée étant de pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi dans les mois à venir....

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Cali es Cali, lo demas es loma

     Retour à Cali. Cinq ans après la Feria de la Salsa, je retrouve cette ville sans grand intérêt touristique mais qui représente tellement de choses pour moi. La gentillesse des gens et leur accueil, la salsa dans ces discothèques bondées d'excellents danseurs et danseuses, les précautions à prendre quand on se balade dans une ville à la si mauvaise réputation, la beauté et le charme naturelle des colombiennes,... bref que de bons souvenirs.
 
     "Calle quinta con carrera 23". Julian ne vit pas très loin de San Cayetano, le quartier où il vivait avec son frère Carlos, ses deux soeurs Luz Elena et Liliana et sa nièce Anna Maria. Aujourd'hui, chacun vit de son côté, ses soeurs se sont "mariées" et vivent avec maris et enfants, Carlitos... je sais pas. Dès que je l'ai contacté, il a proposé de me loger et aussi Druz  qui doit me rejoindre ici demain. Je le retrouve toujours aussi sympathique, le contraire m'aurait étonné. On entre dans son appartement et je retrouve également son père qui attendait mon arrivée. Il y a une chambre, une cuisine et une salle de bain et je me demande bien comment on va rentrer tous les trois dans ces trente mètres carrés. On se remémore les bons moments passés ensemble, on se raconte nos vies depuis qu'on s'est vu et je lui demande : "j'ai vu sur Facebook que tu es en couple" et là, il m'explique en prenant plein de détours qu'il n'a pas UNA novia pero UN novio. Ils vivent ensemble et ne s'inquiétait pas de ma réaction mais plutôt de celle de Druz ? "No te preocupes, Pedro y yo somos iguales." "Et tes soeurs, comment elles vont ?" (toujours les pieds dans l'plat le Paco). Elles vivent un peu enfermées du fait de la jalousie des maris qui, en plus de ça, se demandent : "C'est qui ce François (ce sont les seules personnes qui ont réussi à m'appeler par mon vrai prénom) dont on a jamais entendu parler et qu'on considère comme de la famille dès qu'il réapparaît ?" Je sens que ça va être tendu avec les maris... Et puis, Cristian, le copain de Julian, a apparemment un sacré caractère et se pose la même question. Pas simple non plus. "Bon, je vais travailler, Cristian va bientôt rentrer." On va savoir ça tout de suite...
 
     Cristian arrive, quelques minutes plus tard, avec un air tant suspicieux que précieux. La discussion commence timidement, je sens quíl va falloir forcer un peu les choses et au bout de deux-trois heures et quelques bières, on est déjà en train de "se fendre la gueule" et de se mettre des tapes dans le dos. Julian sort du travail, nous retrouve à l'appart et on se dirige vers Juanchito et ses multiples boîtes de salsa. Trois mecs sans fille au bord de la piste à Cali (on va nous prendre pour des homos héhéhé), ce n'est franchement pas facile pour trouver des partenaires. C'est qu'ici, les mecs prévoient leurs parejas de danse avant de soritr. Demain on s'organisera mieux.
 
     Il est déjà 15 heures et toujours pas de nouvelle du Druz qui devait m'appeler en partant de Popayán. C'est curieux mais j'ai facilement tendance à m'inquiéter pour lui. Finalement, il appelle et il est déjà à Cali, Plaza Caicedo, à nous attendre avec Svenja, une routarde hollandaise qu'il a rencontré en chemin. Avec son sens de l'hospitalité habituelle, Julian lui propose de la loger chez une de ses soeurs ou chez son ancienne voisine, Karol, mais elle préfère aller à l'hotel.
     Le soir, on se retrouve tous au restaurant de Julian, spécialisé dans les viandes et les différentes préparations de maduro, une sorte de banane qui sert souvent d'accompagnement. Tout le monde (cette fois, on a prévu le coup, on a deux partenaires : Svenja et Karol) a sorti ses plus beaux habits (pas beaucoup de choix pour les baroudeurs) et on déguste cet excellent repas arrosé d'un très bon vin argentin. Je crois vraiment besoin d'une bonne grosse bouffe de qualité de temps en temps.
     Une fois rassasiés, on saute dans un taxi (à sept dedans, ça ne pose pas de problème ici) pour aller à la Viejoteca où ils ne passent quasiment que de la salsa brava. Quelle frustration, lors de ma première venue, de voir les gens danser aussi sublimement que naturellement alors que j'étais incapable de faire deux pas en rythme. Mais ça y est ! Cinq années de dur labeur pour enfin pouvoir inviter des filles à faire quelques passes en salsa mais également en merengue, bachata ou vallenato et ce, à la plus grande surprise de Julian. On a aussi découvert une nouvelle danse : le choque qui porte bien son nom puisque la fille donne de grands coups de hanches (pour ne pas dire fesses) contre les hanches du mec, le tout sur le rythme non innocent du reggeton.
 
     Le lendemain, on rejoint Cristian à son salon (ben oui, il est coiffeur) pour que Svenja rafraîchisse sa coupe et que Druz et moi, on se fasse une petite manucure. J'ai découvert ça en Colombie. Les hommes entretiennent énormément leurs mains, voire leurs pieds, et je le fais fréquemment quand je suis en Amérique du Sud. Tiens, d'ailleurs, il va falloir que j'y retourne, mon vernis commence à partir.
     Pour la soirée, nouvelle fiesta mais juste les trois européens. J'ai envie de leur faire connaître la Chiva Rumbera. La Chiva, c'est le bus typiquement colombien à l'armature en bois, tout coloré, encore utilisé dans certaines campagnes, dans lequel ils ont remplacé les fauteuils par une piste de danse et des spotlights. On réserve une place et on fait le tour de la ville en dansant. C'est génial ! J'appelle les différentes agences mais aucune ne loue de places individuelles, il faut réserver tout le bus (et à trois, c'est trop cher et beaucoup moins drôle). Finalement on me propose des places dans une chiva louée par des particuliers à l'occasion d'un anniversaire, en me prévenant que les rumberos ont entre 18 et 20 ans. On arrive les premiers et on voit petit à petit débarquer des groupes de jeunes qui ressemblent plutôt à des adolescents. En effet, la grand-mère vient nous donner ces recommandations pour l'anniversaire de sa petite fille qui fête ses 17 ans. Et nous qui venont juste de nous servir nos premiers verres... L'ambiance est un peu timide au départ, on forme un petit groupe à part dans le grand où tous se connaissent. Après quelques minutes, la Chiva s'arrête à la licoreria et les ados remontent avec plein de bouteilles d'Aguardiente. Alors, c'est tout de suite autre chose ! Tout le monde danse, saute partout, crie, chante, la rumba est lancée. On participe aussi, un peu entre nous et quand on commence à danse el choque avec Svenja, ils hallucinent tous et nous couvrent d'applaudissements, de cris, de sifflets et autres encouragements. Après deux heures de folie ambulante, la Chiva nous dépose près du point de départ et nos nouveaux amis nous invitent à continuer avec eux. On passe vraiment une soirée excellente et on s'étonne qu'ils aient tous 16 ou 17 ans. En France (ou en Hollande), on n'aurait jamais passé une  si bonne soirée avec des ados, je pense. A mon avis, ça vient du fait qu'ici, tout le monde écoute la même musique et il n'est pas rare de voir grand-parents, parents et enfants sortir faire la fête ensemble. Les générations se mélangent bien plus facilement que dans nos sociétés où les ados nous prennent pour des vieux une fois passés les 25 ans.

 
     Le dimanche midi, on est invité à déjeuner chez Cristina, une cliente de Cristian qiui vit dans les beaux quartiers de Cali. L'idée est de se retrouver au supermarché, de faire les courses ensemble pour partager les frais et d'aller chez elle pour cuisiner. Quand on commence à circuler dans les rayons, on nous dit : "Qu'est-ce que nos chers français vont nous préparer de bon?" Druz et moi, un peu pris au dépourvu et encore enguayabados de la veille, on se concerte et on se décide pour des entrecôtes, sauce au bleu, patates sautées. "On sera combien au fait ?  18 ???" Changement de plan, on va prévoir quelquechose de plus simple même si pas franchement français : un boeuf sauté au gingembre. Julian sóccupe des maduros enroulés dans le lard et couverts de fromage fondant. On se met vite à la cuisine tout en faisant connaissance avec nos hôtes puis les uns après les autres, les invités arrivent. On sert le buffet et tout le monde se régale, notre travail n'a pas été en vain et la réputatuion des cuisiniers français est sauve. L'ambiance est vraiment sympa. Peu de personnes se connaissent mais les gens se parlent avec une grande facilité. Ça m'a toujours surpris comme les Sud-Américains ont beaucoup moins de complexe ou de retenue pour faire connaissance et rapidement, c'est comme s'ils se cotoyaient depuis longtemps. C'est une des choses que j'apprécie et qui me fait me sentir proche d'eux.
 
     Le lundi, on part rendre visite aux soeurs de Julian afin qu'elles fassent connaissance avec le Druz. Les maris ne sont pas là ce qui rend les choses plus simples et on part se promener dans un des immenses centre commercial de la ville. Les enfants jouent et courent partout pendant qu'on déguste des glaces à la maracuyà. Comme avec leur frère, c'est comme si on s'était vu le mois dernier à part que les vies de chacuns ont bien changé. Avec Liliana, on ne peut pas s'empêcher de se chercher ou de se foutre l'un de l'autre alors qu'avec Luz, l'aînée, nos discussions sont toujours plus "intellectuelle". Je suis content de les retrouver mais j'aurai aimé les voir plus que ça et leur montrer mes progrès en danse, elles qui ont supporté mes premiers pas arythmés. Les temps changent mais les relations d'amitiés restent les mêmes et c'est le principal.
 
     Mardi matin, nos sacs sont prêts et on dit au revoir à julian et Cristian en les remerciant pour ce week-end plein de rumbas et de salsa. On part avec Svenja vers le terminal de transport, direction Armenia et l'eje cafetero.


Publié à 05:45, le 25/04/2011, Cali
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