El trotamundo
Après de nombreux voyages en Amérique du Sud principalement, je me suis enfin décidé à partir avec un aller simple et pour une durée indéterminée. On verra où le voyage me mènera, ce que les rencontres me feront découvrir, quels sont les endroits qui me fascineront,... l'idée étant de pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi dans les mois à venir....

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis

Mes albums

Où suis-je actuellement ?



«  Octobre 2018  »
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031 

Rubriques


Sites favoris


Tumaco, perla del Pacifico (?)

     La longue file de camions à l'arrêt annonce notre arrivée à la frontière. Le taxi me dépose au poste équatorien, les autres continuent (les équatoriens n'ont pas besoin de visa pour entrer en Colombie). Le tampon de sortie sur mon passeport et je traverse à pied le pont qui sépare les deux pays. Ça y est, j'y suis enfin. Un grand panneau aux couleurs jaune, bleu et rouge m'accueille : "Bienvenido en Colombia". Tant mieux parce que je suis trop heureux de retrouver mes liasses de milliers de pesos (1 euro = 2500 pesos), d'entendre à nouveau cet accent chantant, de revoir ces visages amicaux et souriants.
 
     Ipiales n'a rien de très attirant. Il y fait souvent froid et humide, les rues sont sombres et sales et l'ambiance y est un peu glauque comme souvent dans les villes frontalières. En plus, il y a un panneau énorme à l'entrée avec les photos des guerrilleros  recherchés, très accueillant ma foi. Il y a six ans, je n'étais pas resté mais cette fois, j'ai prévu d'aller visiter le "Sanctuario de las Lajas", une curiosité architecturale située à quelques kilomètres. Le lendemain donc, je me lève tôt pour prendre un taxi qui m'emmène à travers les collines encore humides de la pluie de cette nuit. Sur le chemin, le chauffeur s'arrête pour me montrer de loin cette église d'architecture néogothique construite sur un pont reliant les deux rives d'un canyon. Une construction tellement folle qu'on se demande ce qui est passé par la tête de celui qui l'a imaginée. Et bien, toute folie a sa raison. Au début du XIXème siècle, une femme et sa fille, sourde et aveugle, se rendaient de leur village à celui de l'autre côté du canyon. Surprises par une tempête, elles durent se réfugier dans une grotte où leur apparut la Virgen de las Lajas qui laissa son image dessinée sur un des murs. De retour au village, la petite fille entendait et voyait. A compter de ce jour, la grotte devint un lieu de pèlerinage dont le nombre de visiteurs ne cessa d'augmenter. Ils y construisirent une chapelle qui, au fil des années, se transforma en une église imposante et surréaliste. Aujourd'hui, ce lieu reste d'une importance religieuse reconnue et reçoit des milliers de pèlerins chaque année.
 
     Après cette visite surprenante, je prends la direction de Tumaco, petite ville de la côte pacifique qui se trouve à 350 kilomètres. La route est, comme souvent, magnifique et très diversifiée. On quitte des paysages andins et froids aux cultures multicolores pour descendre des montagnes couvertes de forêts primaires où les nuages s'accrochent à la cime des arbres et pour finalement arriver sur une côte tropicale bordée de mangrove et de longues plages de sable noir. Et tout ça en quelques heures à peine !
 
     Pourquoi Tumaco ? Etant donné le climat, l'orientation de la côte et la faible fréquentation touristique, il est possible qu'il y ait des vagues surfables et des sites de plongée encore à découvrir. Il faut dire qu'il y a encore cinq-six ans, cette région était contrôlée par la guérilla et les narcotrafiquants. D'après le chauffeur du taxi colectivo, dans la ville de Llorente, ancienne capitale colombienne de la cocaïne, que l'on traverse en chemin, les gens se baladait librement dans la rue avec des sacs de poudre blanche sous le bras. Ça ne veut pas dire qu'ils ont complètement disparu de la région mais du moins, les grands axes sont contrôlés par l'armée. C'est sûrement pour cette raison que l'on s'est fait arrêter cinq fois pour une fouille au corps et une révision complète de nos bagages.
 
     On passe le pont, on arrive sur l'île où est construite Tumaco. Les rues se rétrécissent, le trafic se densifie, les centaines de motos essaient de se faufiler entre les voitures à l'arrêt, les klaxons hurlent. Sur les trottoirs, les passants tentent comme ils peuvent d'avancer entre les stands de fritures, de jugos naturales (jus de fruits naturels, un des délices colombiens), de chaussures, de casquettes, de disques et de DVD pirates. Ne connaissant pas du tout la ville, je m'installe dans le même hotel que le chauffeur qui repart le lendemain à Ipiales. La chambre est correcte et dans mes prix, ça fera l'affaire en attendant de trouver mieux. C'est marrant, j'ai l'impression de me balader dans une ville d'Amazonie du fait de cette chaleur moite et pesante déjà mais aussi de la quantité hallucinante de deux roues, des ordures éparpillées dans les rues, des quartiers entiers construits sur pilotis et de cette eau couleur café-au-lait qui les entoure. La grande différence, c'est qu'ici, les indiens ont plutôt la peau noire comme l'ébène et les cheveux bien crépus. Petit clin d'oeil franchouillard : quasiment toutes les voitures sont des Renault mais pas les dernières sorties, les bonnes vieilles R12, R9, 4L de toutes les couleurs et même des modèles break ou décapotables. C'est comme si toutes les caisses virées de parc automobile français venaient passer leur retraite sous le soleil colombien. Ce qui me paraît curieux, c'est cette impression d'être observé ou plutôt de ne pas passer inaperçu du tout. En plus, il manque les sourires, la courtoisie, l'amabilité des gens dont j'ai l'habitude dans ce pays. C'est dans ces moments-là qu'on peut se sentir un peu seul. Une bonne nuit de sommeil me fera le plus grand bien.
 
     La mairie et le bureau chargé du développement touristique se trouvent à un pâté de maison de l'hotel. "La responsable est sortie un instant mais elle arrive tout de suite" mais quand on dit "tout de suite", faut pas s'attendre à ce qu'elle passe la porte dans la minute. Une heure plus tard, elle arrive finalement. Je lui demande si elle peut me donner un plan de la ville et elle prend une autre demi-heure pour me photocopier le plan qu'elle a décroché du mur. Au niveau plongée, il n'y a aucune infrastructure maîs elle me donne les coordonnées d'un plongeur qui travaille pour les compagnies pétrolières et qui saura sûrement me renseigner un peu sur les fonds. Elle me parle des différentes plages et des possibles excursions dans la mangrove, ça a l'air joli mais loin et difficile d'accès.
     L'après-midi, je monte sur une moto-taxi pour aller à la Playa del Morro. En chemin, on longe pendant deux-trois kilomètres les grillages d'une énorme base militaire d'où décollent et atterrissent des hélicoptères. Apparemment, ce sont des appareils américains pilotés par des gringos qui survolent toute la région en fumigeant les champs de coca. Il y a peu de personnes sur la plage, une légère brise souffle, les nuages gris semblent menaçants. Je me réfugie dans un des multiples restaurants qu'il y a sur le sable au moment où les premières gouttes tombent. Il a beau être 16 heures, je n'ai pas encore déjeuner et je vais profiter de cette averse pour goutter le plat local : una cocada de cangrejo.  Ce sont de petits crabes pleins de chair cuits dans une sauce à la noix de coco accompagnés de riz et de patacones (bananes plantains frites puis écrasées puis re-frites, un classique colombien). Un grand verre de jugo de maracuyá par dessus ça et je suis aux anges. Je continue ma balade le long de la plage et je demande par hasard à une grosse dame à l'air sympathique combien coûte une nuit dans une des cabanes devant la mer. "Para ti ? 15.000 pesos mi amor." Le même prix que ma chambre sombre et humide du centre-ville ? Et loin de cette circulation chaotique et bruyante ? Il y a les hélicos qui passent au-dessus de nos têtes jour et nuit et me donnent l'impression d'être dans Platoon ou Full Metal Jacket  mais bon, je réserve tout de même une cabane pour le lendemain.
     Le soir, j'arrive à contacter Santiago, le plongeur qui me donne rendez-vous dans un restaurant du centre. Il m'invite à manger un sancocho de pata, une soupe de patte de boeuf. Le soupe est bonne mais le gros bout d'os entouré de gélatine qui flotte dedans ne me tente guère. Une fois déjà, je m'étais retrouvé avec des pieds de poule dans un bouillon et c'est pas trop mon truc. Bref ! Santiago m'explique que tous les fonds sont sablonneux et que la visibilité dépasse rarement les trois mètres. Il a pour projet de monter un centre de plongée mais il faut d'abord qu'il installe des récifs artificiels pour regrouper les poissons. Mouais... première déception. Point de vue vague, la mangrove envahit toute la côte sauf sur certaines plages où quelques vagues se brisent sur le sable. Il y a une saison où rentre de la houle mais elle dure deux mois et les vagues n'excèdent pas deux mètres. Pas de récif, pas de pointe rocheuse, pas de houle, c'est pas le meilleur endroit pour faire du surf... deuxième déception. Ce n'est pas ici que je trouverai mon paradis perdu. Santiago habite à Tumaco depuis une quinzaine d'années et il me raconte que ça arrive encore que les gens le prennent pour un étranger (il est encore moins bronzé que moi). Il dit que c'est très dur de s'intégrer ici, que les gens ont leurs habitudes entre eux et ne cherchent pas forcément à connaître les autres. En plus, la ville est truffée de paramilitaires et c'est eux qui gèrent tout, qui surveillent tout.
 
     Après cette entrevue peu encourageante, je suis resté encore deux-trois jours mais cette fois, au bord de la plage, dans ma cabane. J'ai sympathisé avec la famille qui tient l'hotel et me reçoit comme un invité de la maison. Je passe mes journées à bouquiner dans le hamac, à me balader sur la plage ou à chercher des vers de sable géants avec Moises, un des membres de la fratrie, pour aller pêcher à la ligne. Les journées passent doucement, à un rythme qui me plait bien.
     Aujourd'hui c'est samedi et je me prépare à sortir danser un peu de salsa, ça commence à me manquer. Le taxi me dépose dans la zona rosa où se trouvent tous les bars, sombres et illuminés par des néons verts, roses, violets. Je rentre dans celui qui semble le plus rempli, je m'assois au bar et commande une Club Colombia. Ils passent beaucoup de salsa mais les gens dansent collé-serré en se dandinant simplement le derrière. On est loin des fabuleuses passes de Cali. Je souris aux gens, je tente la discussion avec les deux gars à côté de moi mais ça ne marche pas trop. Finalement trois charmantes jeunes filles (enfin une sur trois mais ça fait mieux trois, ndlr) s'approchent de moi et on commence à discuter. Au bout de deux minutes, il y en a une qui me demande de leur payer une tournée de bières pendant qu'une autre veut que je lui offre un poulet-frites. Ah ! D'accord, j'comprends mieux. On m'avait dit que les filles étaient très intéressées ici. Hasta luego chicas ! 
 
     Le lundi, je reprends la route, un peu déçu de ce manque de réussite et de l'hostérité des tumaqueños. Malgré tout, ça restera une expérience intéressante. J'aurai pu rester encore un peu à pêcher avec Moises mais je ne supporte plus vraiment de devoir me planquer de 18 heures à 20 heures parce qu'une horde vorace de moustiques se réveille et nous prend pour son petit déjeuner.
      Je repars donc vers Popayan, plus au nord et de nouveau dans les montagnes. Je me rappelle avoir déjà parcouru cette route et elle est toujours restée dans ma mémoire comme l'une des plus belles que j'ai vue. Et bien, je ne suis pas déçu et cela me ramène les souvenirs de ma première arrivée en Colombie lorsque je découvrais, émerveillé, ces paysages grandioses. Je reste deux jours à déambuler dans les rues de la ville blanche puis je repars pour Cali, capitale de la salsa, où j'ai fait mes premiers pas de salsero, il y a quelques années.

Publié à 05:19, le 14/04/2011, Tumaco
Mots clefs :
Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien

voyage voyage

On voyage toujours autant grâce à toi cousin.
Pas de stop à Cartagena pour voir les burras visiblement. Dieu t'en préserve.
Buen viaje en Amazonia primo

Publié par Primo Tribaoult à 23:45, 14/04/2011

Lien

Commentaire sans titre

Bravo mon Pacote,c'est encore très bien ce que tu nous contes,on ressent bien ton ètat d'esprit
GROS BISOUS

Publié par MAMAN à 11:09, 17/04/2011

Lien

Commentaire sans titre

Que dire de plus! Un plaisir de te lire, un plaisir de savoir que tout va bien...

Pensées et bises!

Publié par Noritaka à 00:40, 23/04/2011

Lien