El trotamundo
Après de nombreux voyages en Amérique du Sud principalement, je me suis enfin décidé à partir avec un aller simple et pour une durée indéterminée. On verra où le voyage me mènera, ce que les rencontres me feront découvrir, quels sont les endroits qui me fascineront,... l'idée étant de pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi dans les mois à venir....

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El Carnaval de Barranquilla

Dia Uno
 
     Après des adieux déchirants avec le Druz, nous arrivons à Barranquilla, cette ville tentaculaire (la quatrième de Colombie) que je ne connais presque pas alors qu'elle se trouve à mi-chemin entre Cartagena et Santa Marta. J'y ai souvent transité mais ça ne m'a jamais tenté d'y séjourné parce que c'est un vrai four, c'est très sale, apparemment pas très sûr et sans grand intérêt touristique. J'y suis tout de même déjà venu en 2005 pour le Carnaval mais comme on ne se doutait pas que c'était aussi cher, on avait claqué tous nos sous pour assister au défilé et on était rentré à Taganga le soir même. Cette fois-ci, j'ai décidé de rester les quatre jours pour vraiment le vivre et donc de m'organiser mieux avant mais...
     Quand on arrive sur place, on n'a pas d'hotel réservé, on ne sait pas comment ni où se déroulent les festivités, on n'a même pas de plan de la ville. Fernanda s'adresse au gars de la police touristique qui nous conseille d'aller au centre où l'on a le plus de chance de trouver des hotels pas trop chers (les prix augmentent pendant ce week-end et les gens réservent longtemps à l'avance). Le centre de Barranquilla est aussi sale que les alentours, désordonné et peu rassurant. On marche sous le soleil de plomb avec nos gros sacs à la recherche d'un logement qu'on ne trouve pas. On demande à nouveau à des policiers qui nous recommandent de remonter une dizaine de cuadras (una cuadra = 100 mètres environs) parce que vraisemblablement, il ne fait pas très bon traîner par ici la nuit. Le premier hotel est un peu cher mais surtout plein. Le deuxième a de la place et on négocie un prix qui nous convient mais mieux vaut ne pas être trop regardant. Il n'y a pas de vraie fenêtre dans la chambre, juste une espèce de "meurtrière", le lit est tout déglingué, la salle de bain-chiotte n'a pas de porte et le ventilateur fait un boucan du tonnerre. Après tout, on n'y sera que pour dormir.
     On se renseigne un peu sur le programme de la soirée et il y a la "noche de los tumbaos" à deux pas de chez nous. Parfait, la plus grosse activité du jour juste à tres cuadras (officiellement, le Carnaval ne commence que demain mais comme tout le mois de février est le mois de pré-Carnaval, la ville est déjà en effervescence). On assiste à un super concert, face à la cathédrale, où les groupes s'enchaînent en jouant la musique typique des Caraibes, la cumbia. Tous les musiciens sont vêtus de blanc avec un foulard coloré autour du cou et le sombrero sur la tête. La cumbia entraîne tout le public au son de cette flûte criarde qui se joue à une main, le petit doigts de l'autre faisant les variations avec la bouche, et bientôt des rondes humaines gigantesques tournent autour de la scène. Le Carnaval est lancé !!
 
Dia Dos
 
     C'est le grand jour, le jour de la Batalla de las Flores, le plus grand défilé du Carnaval mais avant ça, il faut qu'on trouve notre accoutrement. On part acheter les sombreros, la mochila rayée noir et blanc (sac en laine qui se porte en bandoulière) et la bouteille d'Aguardiente. On retrouve ensuite les deux copines italiennes de Fernanda, Claudia et... (mince, je ne me rappelle plus du nom de la seconde. En même temps, ça fait plus de deux mois et j'en ai rencontré du monde depuis), qui ont choisi la crête et le tee-shirt multicolores (la crête est due à un acteur de série burlesque hyper connu en ce moment qui en porte une justement et le tee-shirt est plus traditionnel avec des inscriptions et des dessins typiques du Carnaval). On arrive sur la Via 40, c'est la foule partout, la bière, l'Aguardiente ou le Ron coulent à flot, chacun y va de son déguisement, la farine et l'eau jaillissent de tous bords, c'est déjà dingue !! La foule est dense et il est quasiment impossible de voir la parada sur la rue. Il faut monter sur un palco (gradin, ndlr), on essaie de négocier mais c'est plein, soit on nous demande 150-200.000 pesos (c'est bon, vous vous y êtes mis au peso colombien ? Il suffit de multiplier par quatre puis de diviser par mille). On se cale derrière des palcos plus bas qui nous permettent d'apercevoir le haut des chars, c'est déjà ça. On fait la connaissance de Sebastian (16 ans) et de Paola (14 ans) qui nous badigeonnent les visages de maizena. Tout le monde danse, c'est le feu, surtout quand passent des stars comme Eddy Herrera, la estrella del merengue. Tour à tour, on escalade les gradins pour voir un peu mieux, pour essayer de prendre des photos, on tente de passer de l'autre côté mais on nous repousse (les gens payent cher pour avoir ce privilège et n'ont pas envie d'être envahis) mais grâce à la pression populaire, on arrive à passer de l'autre côté, aux premières loges et sans débourser un peso. On se saute dans les bras, on s'arrose d'eau, de maizena et d'Aguardiente, c'est la folie !!! Et quel spectacle ! Les rangées de danseurs aux costumes bariolés font des acrobaties ou dansent le mapalé (danse d'origine africaine introduite par les esclaves guinéens où l'on bouge le torse à une vitesse hallucinante, type Shakira mais en dix fois plus vite). Il y a aussi des danseurs en costumes traditionnels, les hommes, le sombrero à la main, tournent autour des robes magnifiques des femmes qui portent des bougies à la main ou des bouteilles d'Aguardiente (toujours) en équilibre sur la tête. Les chars aux têtes géantes défilent portant des groupes de Vallenato qui enflamment le public avec leurs chansons plus que connues, des stars de la télé et des novelas, des tops models, des miss Carnaval, miss Barranquilla, miss Colombia, plus magnifiques les unes que les autres. Quel fabuleux spectacle et en effet, quel privilège de voir ça !!
     A la tombée de la nuit, la foule commence à s'éparpiller et la question se pose : où va-t-on continuer ? Sebastian et Paola doivent rentrer (Paola est en pleurs parce que sa mère ne veut pas la laisser sortir, normal, elle n'a que 14 piges) mais ils nous amènent à la Plaza de la Cerveza (la Place de la Bière, ndlr). Et là, ce n'est pas la peine de vous faire un dessin : salsa, cerveza y rumba hasta l'amanecer !!

Dia Tres

     Quand tu te couches à sept heures du mat', c'est dur d'être au défilé à quatorze heures. On arrive tout de même à seize heures et on s'étonne de voir beaucoup moins de gens que la veille. La Batalla de las Flores est vraiment l'évènement du Carnaval ! Du coup, on peut circuler bien plus facilement et les vendeurs à la sauvette de tickets pour les palcos bradent les prix. On se fait un peu prier jusqu'à ce qu'on nous propose les deux entrées pour 15.000 pesos, le lendemain compris. Allez, c'est bon, c'est la grosse oferta ! Ce n'est pas l'ambiance de la veille, les spectateurs sont bien plus calmes mais il y a toujours les petits groupes de potes qui viennent jouer de la cumbia dans les gradins pour atiser la foule. En fait, on se rend compte de ce qu'est un guayabo general (gueule de bois en colombien, ndlr), tellement les carnavaleros ont envie de s'agiter mais doivent supporter les conséquences de la rumba de la nuit précédente. Ca permet de mieux voir la parada, de faire plus attention aux détails, à la qualité des costumes, à la synchronisation des danseurs, aux heures de travail que ça a dû demander. On apprécie d'autant plus le spectacle aujourd'hui.
      Le soir, on retrouve Sebas qui nous a parlé d'une soirée avec concert. A mon avis, on arrive un peu tôt et il n'y a personne. Pas très loin, dans un stade, est programmé el Festival de las Orchestras où il y a plein de monde mais à 60.000 pesos l'entrée, c'est trop cher pour nous trois. Finalement, à quelques pas de là, on trouve notre bonheur. La Plaza de Club Colombia - la meilleure bière colombienne - où tu payes 11.000 pesos l'entrée avec six cervezas offertes. A l'entrée, on te file un seau avec décapsuleur intégré, plein de glace et de canettes. Le concept est génial : tu rentres avec ton seau dans les bras, tu le poses sur une table et tu commences à danser autour, puis, plus la soirée s'anime, tu montes sur les bancs pour finir à sauter sur les tables. Et c'est encore la folie. Un groupe de vallenato, un autre qui reprend des classiques de la salsa ou du merengue, on délire avec Sebas et on s'éclate avec Fernanda. Chaque pas, chaque mouvement, chaque vuelta que j'ai envie de faire, elle les suit avec une fluidité et une facilité hallucinante. Les personnes qui aiment danser en couple et surtout les danses latines le savent : danser, c'est comme faire l'amour. C'est fabuleux quand les corps s'unissent, quand chaque mouvement est compris par l'autre de façon intuitive, quand la musique et le rythme vous transportent loin, loin de la réalité... Beleza !! (c'est du portugais mais je suis au Brésil quand j'écris ces lignes)

Dia Quatro

     Malheureusement, Fernanda doit prendre un bus en direction de Cartagena où un avion l'attend pour la ramener à Quito. Ces vacances sont finies et on se sépare, une multitude de bons souvenirs partagés en tête et franchement triste de ne pas pouvoir en créer d'autres. Je me retrouve donc seul, j'ai deux places pour entrer aux palcos alors je retourne vers le défilé. A ce moment, Baptiste, le dormeur jusqu'à dix-heures heures, m'appelle et on se donne rendez-vous Via 40 con calle 52. Ca tombait bien, la seconde entrée va pouvoir profiter à quelqu'un mais on ne s'est jamais trouvé alors que j'ai passé plus de temps à regarder dans la rue qu'à admirer la parada. Et pourtant, il est passé tout près. C'est dommage, on ne se sera pas revu du coup, enfin jusqu'à aujourd'hui parce qu'on ne sait jamais.
     Bon ! Tu es tout seul. La ville est énorme, tu sais pas vraiment où aller et tu sais que la place où tu étais la veille est vraiment le genre d'endroit que tu aimes et va encore être blindé. Tu y retournes ! J'entre avec mon seau de bières, je me faufile dans la foule pour m'approcher du groupe de vallenato qui a déjà entraîné tout le monde et je m'"installe" (je pose mon seau en fait) en demandant la permission à une dame plutôt âgée qui accepte en me regardant un peu de travers. En fait, c'est la table d'une famille, la famille de Yhois, qui est venue de Riohacha pour fêter le Carnaval. Je commence à danser avec la tante, puis la cousine, puis la nièce, puis la grand-mère et je trinque avec l'oncle, le père, le cousin. Au moment où ils partent, chacun vient me dire au revoir en me faisant une grande accolade et en m'invitant à leur rendre visite si je vais dans la Guajira. Je me retrouve à nouveau tout seul et je commence à discuter avec Kelly qui danse à côté de moi. Elle m'invite à rejoindre ses amies et quand commence un  reggaeton super à la mode en ce moment, je me retourne cerné par quatre filles, je dirais plutôt compressé d'ailleurs, qui dansent du perreo, du genre bien pegado ( bien collé, ndlr) et plutôt "sexy". C'est vraiment un Carnaval ce pays !!

Dia Cinco

     Elle revient ! En arrivant à l'enregistrement hier, Fernanda n'avait pas de réservation. C'est Sophie, la bretonne de Lyon, qui a acheté le billet avec sa carte bancaire et il paraîtrait qu'il y a des problèmes avec certaines cartes européennes chez Avianca. "Tant mieux, reviens faire la dernière soirée à Barranquilla ! Tous contents de se retrouver, on va voir le dernier défilé, pas à la Via 40 cette fois, une avenue plus petite et sans palcos. Beaucoup ont répondu présents au dernier évènement du Carnaval 2011 et même si on sent la fatigue, la motivation est là. Ca picole moins - ça mange - mais la mousse et la farine volent deci delà. Le soir, on retourne à la Plaza Club Colombia mais il ferme à minuit et ce n'est pas la foule des autres jours. Quelqu'un m'a dit pendant ces quatre jours de folie (honnêtement, je ne sais plus qui ni quand) que les barranquilleros vivent le Carnaval jusqu'à ce que le corps aguanta (supporte, ndlr)... ou le porte-monnaie.

Dia Seis

     Ce matin, nos chemins se séparent vraiment, Fernanda a un vol pour Quito et moi pour Cuba. Tous ces moments fabuleux vécus ensemble, cette entente au son de ces musiques qui nous ont envoûtés, ces éblouissantes parades, toutes ces personnalités rencontrées, ces sauts de joie, ces éclats de rire,... Célia Cruz chantait "la vida es un Carnaval", je dirais que depuis Taganga, notre vie a été un Carnaval.


Publié à 02:38, le 13/06/2011, Barranquilla
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Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien

La vie en rose

Paco!

quand je lies tes histoires, je me souviens de ma jeunesse, peut etre avec en peu d´envie. La musique, le gens, les paysages dans cette terres sont tout comme l´opium, on peut ètourdir et laisser oublier que il y a aussi des outre choses important dans la vie.
Profite intensivement de cette moments et ne oublie pas ton futur.
Ton oncle que t´aime bien, Wipe.

Publié par Wipe à 12:18, 13/06/2011

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depuis Taganga, notre vie a été un Carnaval.

no tienes idea la carga emocional que contiene esta historia para mi...
estoy muy complacida y solo espero que no dejes de escribir_me

con mucho cariño
Fer

Publié par Une personne anonyme à 07:22, 15/06/2011

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volvi a vivir el carnaval

este relato me hizo volver a ver las fotos de ese dia tan bacano y recordar lo bueno que pasamos...vuelve pronto paco!!!!..no sabia de la tal kelly...yhois

Publié par Une personne anonyme à 03:42, 18/06/2011

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