El trotamundo
Après de nombreux voyages en Amérique du Sud principalement, je me suis enfin décidé à partir avec un aller simple et pour une durée indéterminée. On verra où le voyage me mènera, ce que les rencontres me feront découvrir, quels sont les endroits qui me fascineront,... l'idée étant de pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi dans les mois à venir....

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San Gil y el Cañon de Chicamocha

      En quittant Taganga et tous les bons souvenirs que je me suis créé là-bas, c'est un peu comme si je quittais la Colombie. Il me reste encore une grosse semaine à passer dans ce pays que j'aime tant mais je sens que mon addiction ne me retient plus de la même façon. J'aime la Colombie pour ses gens, leur façon d'être, leur savoir-vivre, leur gentillesse et leur accueil innés, pour ses paysages si variés et encore peu explorés mais plus tant pour ses fêtes, ses femmes,... en tout cas, plus pour ses drogues et les dérives auxquelles elles aboutissent forcément. Il y a trop de touristes à mon goût (et il y en aura encore plus dans les quelques années à venir) et je ne me sens plus l'âme de l'explorateur qui a le privilège de découvrir cette terre mise encore au rang des terres maudites par la guerilla et la violence urbaine.

     Je vais tout de même profiter de ces derniers jours pour découvrir une région que je ne connais pas encore et qui est réputée pour être très belle, le Santander. J'arrive à San Gil, une petite ville bien tranquille, au climat idéal, ni trop chaud ni trop froid (27°C de température moyenne) et au soleil toujours radieux. Elle se situe à 1100 m d'altitude au milieu de montagnes verdoyantes écorchées de canyons abruptes et irriguées de rivières aux rapides tumultueux, ce qui est en fait le haut-lieu national des sports de montagnes.
 
     En attendant de choisir l'activité que je vais pratiquer, je pars visiter le village de Barichara connu pour être le plus beau de tout le pays. Et effectivement, c'est un endroit magnifique aux maisons couvertes de tuiles bien entretenues et qui, contrairement à Salento, n'est pas envahi par les magasins de souvenirs et garde une certaine authenticité. Avant de venir ici, j'ai vu qu'un restaurant préparait une spécialité locale qui m'interpèle, le steack à la sauce de fourmi. En fait, il y a plusieurs façon de préparer les hormigas culonas (les fourmis "gros culs", ndlr) mais je me dis qu'en sauce, ça devrait passer plus facilement. Malheureusement, c'est le jour de fermeture donc ce n'est pas aujourd'hui que je vivrais cette expérience er je ne me laisserai pas tenter par les fourmis grillées vendues sur le bord de la route.
 
     Ca y est, le choix est fait. J'ai hésité avec le rafting mais finalement, j'ai opté pour le baptême de parapente et pas n'importe où, au-dessus du Cañon de Chicamocha. Arrivé à l'agence, un espagnol attend pour sauter en même temps que moi. Les deux moniteurs, super à la cool, nous font monter dans une vieille bagnole un peu pourrie et on s'engage dans les courbes qui mènent au Cañon. J'espère que leur matériel est mieux entretenu que la voiture parce qu'on a des fois l'impression qu'elle pourrait décrocher dans les virages. Les vallées se creusent peu à peu puis les précipices deviennent de plus en plus vertigineux. On quitte la route principale et on commence à grimper dans des chemins en terre. Quand on descend de la voiture, on est sur une crête, cernés des deux côtés par le Cañon qui descend à plusieurs centaines de mètres plus bas. La vue est imprenable, un panorama de 360° sur les montagnes !! Bon, ça a l'air d'aller, le matos est en très bon état et les mecs ont l'air bien calés sur le sujet. On regarde mon pote ibérique s'élancer puis c'est notre tour. On commence à courir dans la pente et peu à peu, je me sens soulevé doucement jusqu'à ne plus toucher terre. Oscar me dit de bien m'assoir en arrière et me voilà confortablement installé comme dans un bon fauteuil de bureau bien moelleux. Sauf que là, j'ai les jambes dans le vide au-dessus du long serpentin formé par la rivière qui se faufile entre les montagnes. Je VOLE !!! Quel sentiment fabuleux qu'est celui de flotter dans les airs !! Le vol dure 45 minutes et ce sont 45 minutes d'extase. Je me sens comme un enfant tout excité de cette première expérience. De nouveau au sol, je n'ai qu'une envie, celle de revoler comme je voulais remonter immédiatement dans l'avion après mon baptême de chute libre au-dessus d'un lagon réunionnais.
     Il est 19 heures quand je descends sur la Plaza de Armas de San Gíl pour fumer un de mes Cohibas ramenés de Cuba. C'est la bonne heure pour observer les habitudes de vie de chacun : certains sortent du travail et viennent boire une bière ou manger une des excellentes brochettes vendues sur le trottoir, des couples se baladent main dans la main en profitant de l'agréable température du crépuscule, des enfants courent les uns derrière les autres pour s'attraper en éclatant de rires, des petits vieux, chapeau sur la tête et poncho sur les épaules, se retrouvent sur un banc pour converser... et moi, je fume mon cigare, témoin de cette tranche de vie bien typique.
     Je pars à la recherche d'un restaurant, l'idée de manger de la fourmi toujours en tête, même si je trouve que c'est le genre d'expérience qu'il est plus drôle de partager avec quelqu'un que seul dans son coin. Au détour d'une rue, j'aperçois une affiche collée sur un mur : "El Conciertazo del Año de Bucaramanga" avec que des pointures : Plan B le groupe de Reggeton le plus écouté en ce moment, Sylvestre Dangond la star du Vallenato et Willie Colon el salsero de la grande époque de la Fania All Stars et auteur d'un bon nombre de grands classiques. Problèmes : premièrement, c'est vendredi et j'avais prévu de partir pour Bogota retrouver ma grande amie Laura et deuxièment, c'est à Bucaramanga, c'est-à-dire à trois heures de bus en rebroussant chemin. Cela dit, je peux faire l'aller-retour et être à Bogota le samedi soir... Allez !! Je ne peux vraiment pas rater ce grand concert !
 
     Le lendemain, je me lance pour une petite randonnée vers las Cascadas de Juan Curi. C'est assez curieux parce qu'on se croirait presque dans des pâturages alpins entourés d'une végétation plus dense mais tout de même moins tropicale que d'habitude. J'aperçois au loin la cascade qui coule du haut de la montagne. La marche est assez courte et je me trouve rapidement au pied des premières chutes d'eau. A chaque étage gravit, une nouvelle chute et ce jusqu'au dernier où l'eau tombe de quasiment 100 mètres. Superbe !! Je rencontre un couple d'irlandais et une anglaise, on se prend en photos mutuellement et finalement, on redescend ensemble. Arrivée à l'auberge, on se boit une petite bière bien méritée et au moment de partir, le patron qui finit sa journée nous propose de nous ramener. Je m'assois à ses côtés et il me raconte un peu l'histoire de la région que je traduis à mes nouveaux amis qui, bien sûr, ne savent pas dire autre chose que hola ou gracias après plusieurs mois en Amérique Latine. Notre guide improvisé nous propose de nous arrêter chez sa soeur qui a une fabrique de panela. La panela est un bloc de sucre de canne qu'on dilue dans l'eau pour le boire sous forme de thé ou de boisson raffraîchissante arômatisée au citron. La canne est d'abord écrasée pour en extraire le jus qui est bouilli jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une sorte de mélasse brûlante. Cette dernière est déposée sur une palette quadrillée qui séparent les blocs le temps de refroidir et du coup, de se consolider. C'est fort intéressant de voir la confection de cet élément nutritif quotidiennement consommé par les colombiens. De retour à San Gil, au moment de dire au revoir à mes potes anglo-saxons, ils me remercient de leur avoir fait vivre cette expérience et m'encouragent à concrétiser mon projet de travailler dans la plongée : "tu feras un très bon instructeur", m'ont-ils dit. Ça me motive à m'y mettre vraiment.
 
 
     Ça y est, le jour du Concertazo del Año est arrivé. Je laisse tout mon barda à l'hôtel de San Gil et prend le bus pour Bucaramanga en milieu d'après-midi. Aux abords de l'Estadio de Beisbol, le quartier commence déjà à s'agiter : les rues se remplissent de gens, les vendeurs de bières, de brochettes ou de sandwichs s'activent sous une fine pluie débutante. De ce fait, ce sont les vendeurs de parapluies et de ponchos en plastique qui font leur apparition, comme s'ils avaient prévu le coup. Il est tend de rentrer dans le stade et en passant la porte, après la fouille au corps habituelle, on me tend une chaise en plastique. C'est souvent comme ça les concerts en Colombie, tout le monde a une chaise mais pas pour s'assoir, pour passer tout le spectacle debout dessus. Je m'achète une petite bouteille d'Aguardiente, excellent médiateur pour faire connaissance avec ses voisins. Je me trouve une petite place où j'ai une bonne vue sur la scène et je commence à trinquer avec les deux gars posés à côté de moi. Il faut s'imaginer l'ambiance dans ce genre de concert : du début jusqu'à la fin, un stade rempli chante à tue-tête chaque chanson par coeur. A chaque fin de morceau, des cris et des torrents d'applaudissements et dès que reprend le suivant, les sauts de joie entraînent les premiers pas de danse. Et ça va durer comme ça jusqu'à cinq heures du matin malgré la bruine bretonne qui va nous accompagner jusqu'au bout. En sortant de là, légèrement abasourdi et les jambes ruinées, je reprends le chemin inverse pour m'écrouler dans le premier bus pour San Gil. Trois heures après, je passe à l'hôtel prendre une douche et un petit déj', je récupère mes sacs, dis au revoir à la belle Sandra et repars prendre un bus pour Bogota. J'essaie de rester éveillé pour admirer les superbes paysages mais la fatigue de ce concert mémorable finit par me gagner et je m'endors paisiblement.

Publié à 09:20, le 4/12/2011, San Gil
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Commentaire sans titre

QUEL POETE TU FAIS,tu nous offres encore un bon moment de lecture
BISOUS

Publié par MAMAN à 19:17, 5/12/2011

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Fantasía

Ta narration est comme le fumée de Mari y Juana, est legére, étourdissant, encourageant et semble que te transporte dans une monde imaginaire et te donne tant de joie. Merci Paco. Nous nous trouverons a Lima. Abrazos

Publié par Tío Wipe à 17:20, 6/12/2011

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