El trotamundo
Après de nombreux voyages en Amérique du Sud principalement, je me suis enfin décidé à partir avec un aller simple et pour une durée indéterminée. On verra où le voyage me mènera, ce que les rencontres me feront découvrir, quels sont les endroits qui me fascineront,... l'idée étant de pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi dans les mois à venir....

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Escale à Bogota

     Normalement, le trajet depuis San Gíl dure entre cinq et six heures donc je devrais arriver à Bogotá en milieu d'après-midi. C'était sans prendre en compte les aléas du voyage. Après deux heures de route, le bus s'arrête au bord de la nationale, les deux chauffeurs descendent et se postent devant la roue arrière droite en se grattant la tête. On comprend que quelque chose ne tourne pas rond et tous les passagers descendent un à un pour savoir ce qu'il se passe. On ne le saura pas vraiment mais il semblerait qu'on n'est pas prêt de repartir. On s'assoit tous dans une petite bicoque qui sert des boissons fraîches bienvenues avec cette chaleur. De la petite cahute faite de tôles et de planches attenante au bar sort un petit gars, les vêtements et les bras couverts de cambouis. En fait, on n'avait pas fait attention mais s'est garé juste devant un réparateur de roues. Quel bol monstrueux !!  Espérons qu'il va pouvoir nous porter secours. Il va faire preuve de tout son art de la bidouille avec le peu d'outils à moitié rouillés qu'il a pour réparer notre bus Hi-Tech et on repart après seulement une petite heure de retard.

 
     Finalement, on arrive aux portes de la capitale sans avoir perdu trop de temps mais c'était sans compter sur le trafic commun à toutes les grandes capitales. Peu à peu, la nuit tombe pendant qu'une fine pluie s'abat sur les vitres embuées par le froid extérieur. En descendant du bus, l'air frais me saisit les jambes et mes pieds chaussés de simples claquettes. Je pose mon sac et en sort un pantalon, des chaussures, un pull et une veste. Vous n'allez peut-être pas me croire mais après deux mois dans les Caraïbes, je suis content de remettre des vêtements chauds, comme si l'impression de retrouver l'hiver m'apportait un certain plaisir. Je prends ma place dans la longue queue qui attend devant la caisse des taxis parce que ça marche comme ça à Bogotá, du moins au terminal de bus et à l'aéroport : on indique sa destination, on paie la course et on reçoit un ticket à remettre au taxi qui nous est désigné. Ça évite tout problème pour le client comme pour le chauffeur.

 
     Je m'installe dans une sorte d'auberge de jeunesse qu'on m'a indiqué, une imposante maison ancienne avec un énorme escalier en bois, du vieux parquet et du vieux mobilier dans de grandes chambres humides. Mon téléphone sonne, Laura est déjà en route, pas très loin du point de rendez-vous qu'on s'est donné: Elle s'est tapé quasiment trois de transport pour rejoindre le centre depuis sa "banlieue" éloignée. J'arrive à l'arrêt de tram et on se voit chacun de son côté de l'avenue. Le feu est vert, la circulation est dense et on sautille sur place, impatient de se retrouver.
     Laura est une des mes meilleures amies colombiennes avec qui j'ai partagé des moments très forts et importants pour nous deux. On s'est rencontré lors d'une soirée qui s'est terminé chez moi, dans la maison où je venais juste d'emménager en arrivant à Taganga pour faire mon Dive Master. Elle voyageait avec une gamine de 17 ans, Briyit, (dont j'ai parlé dans mes articles sur Taganga) et toutes les deux vendaient des artesanias (de l'artisanat, tdlr) pour financer leurs déplacements et leurs bringues. Elles cherchaient un endroit pour rester et comme j'avais une chambre libre, je leur ai proposé de s'installer contre un loyer dérisoire mais qui me diminuait un peu les charges. On a passé deux mois à vivre ensemble, à faire la fête, se faire des potes, connaître des endroits du coin. Comme Briyit était toute jeune et un peu irresponsable ou plutôt inconsciente (elle avait déjà une gamine de deux ans et abusait un peu de la c...), on s'est senti responsable d'elle, un peu comme des parents et je crois que ça nous a beaucoup rapproché. On a beaucoup parlé et malgré nos origines différentes, on s'est rendu compte qu'on avait plein d'idées et de principes en commun. Aujourd'hui, Laura est revenue dans son quartier plus que populaire, elle a eu une petite fille avec un des locos rencontré à cette époque qui bien sûr s'est barré peu de temps après la naissance et elle essaie de s'en sortir toujours en vendant des artesanias mais de façon sédentaire maintenant.
     Une fois le feu passé au rouge, je traverse l'avenue et on se serre longuement dans les bras, trop heureux de se retrouver après quatre années. On monte dans un taxi et on se dirige vers el Parque de la 93 pendant qu'on se raconte nos vies depuis tout ce temps écoulé.
 
     On doit retrouver Mickaël, un des deux français avec qui on avait partagé un sandwich au Parque Tayrona et qui nous a valu quelques déboires avec la police (voir Taganga y el parque Tayrona). Avec son pote Josian, ils se sont installé ici depuis six mois après avoir bosser pendant neuf ans à Londres où ils se sont connus. ils avaient l'idée de créer un site de tourisme sur un pays dont on parle peu (de ce point de vue-là en tout cas), ils ont fait des recherches et celui qui semblait avoir le plus de potentiel était la Colombie. Du coup, ils louent un bel appartement à Bogota et ils sillonnent le pays pour agrémenter leur guide web (pour les intéressés, tapez Off2Colombia).
     Le taxi nous dépose devant une grande place entourée de bars, de restaurants, de discothèques plus lumineux les uns que les autres. On voit tout de suite qu'on est dans les beaux quartiers de la ville,il n'y a que de belles voitures, les hommes sont supers classes, les femmes splendides et tous ressemblent plus à des européens qu'aux colombiens des petites bourgades (c'est partout pareil, plus on monte dans les classes sociales, plus les peaux s'éclaircissent). Une fois, Mickaël arrivé, on se balade un peu en hésitant sur l'endroit où entrer : "Oh ! Un bar à bière, ça peut être sympa de se boire une pinte !" puis "T'as vu le bar construit dans un vieux wagon de train ?" ou "Y'a le bar de Carlos Vives un peu plus loin, il paraît qu'il y passe parfois" (Carlos Vives, star du vallenato moderne, à écouter, ça vaut le détour). En tout cas, il y a de quoi se divertir. On trouve une terrasse chauffée devant un petit bar (ça caille vraiment et il pleut toujours) et on commande à manger et quelques bières. Curieux, on finit par entrer dans le bar et après la première petite salle, on en découvre une seconde, immense et avec une piste de danse en contrebas entourée de tables disposées à des niveaux différents. Ce que j'aime dans les grandes villes comme Bogota ou Lima, c'est qu'on trouve toujours des bars ou des boîtes magnifiques et avec une superbe ambiance et là, on a trouvé un super spot. En fait, on a su après que c'était le meilleur endroit de salsa de la capitale et c'est vrai qu'on s'est éclaté à danser sur de la musique géniale. C'est aussi une bonne occasion pour présenter Laura à Mickaël car avec elle, il pourrait connaître le Bogota underground, celui où il est peu conseillé d'aller si on n'est pas emmené par quelqu'un qui connaît. En plus, si leur site fonctionne, je serais super heureux qu'ils l'emmènent dans leur sillage, qu'ils lui donnent un petit coup de pouce parce qu'elle le mérite vraiment.
 
     Le lendemain, j'accompagne Laura dans le quartier qui l'a vu grandir. Elle est toute heureuse de me montrer sa petite tienda où elle vend ses sacs qu'elle confectionne avec des chutes de cuir. Je suis vraiment épaté par l'évolution de son travail, depuis les petits bracelets ou colliers jusqu'à ces articles qui, à mon avis, elle pourrait vendre très cher en Europe.
On va récupérer sa petite fille Sara à l'école qu'elle est toute fière de me présenter. Elle est toute belle, mignonne comme tout, blonde à l'opposé de sa mère toute brune. On se rend à la maison de la maman de Laura qui nous attend avec un bon repas bien typique : carne, arroz, papas y patacones. Ca m'a vraiment fait plaisir de passer cette journée dans le monde de Laura, dans le monde cette amie si chère et c'est sûr que je reviendrais voir un jour ou l'autre.
 
     Après les trois heures de bus pour aller jusqu'au centre, je retrouve Josian et Mickaël dans leur appartement. J'y suis resté deux jours pendant lesquels ils m'ont montré les coins de Bogota qu'ils ont découvert depuis leur arrivée. Ils sont vraiment sympas tous les deux et leur projet est très intéressant. J'en profite pour leur donner quelques tuyaux sur ce pays que je connais très bien maintenant et aussi quelques photos d'endroits qu'ils ne connaissent pas encore. J'espère que ça va marcher pour eux parce qu'ils ont l'air d'être absolument enchantés par la Colombie et comptent bien y rester. Suerte amigos !!
 
     Ma courte escale à Bogota terminée, je prends l'avion pour Leticia, une ville d'Amazonie frontalière avec le Pérou et le Brésil. Je serais bientôt à la porte d'un nouveau monde qui va s'ouvrir à moi, un monde où l'espagnol se transforme en portugais et la salsa en samba...

Publié à 02:46, le 15/12/2011, Bogotá
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Commentaire sans titre

J'aime beaucoup,j'espère que tu n'est pas trop triste de quitter la Colombie

Publié par mamanTapez ici votre prénom nom ou pseudo à 10:53, 17/12/2011

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