El trotamundo
Après de nombreux voyages en Amérique du Sud principalement, je me suis enfin décidé à partir avec un aller simple et pour une durée indéterminée. On verra où le voyage me mènera, ce que les rencontres me feront découvrir, quels sont les endroits qui me fascineront,... l'idée étant de pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi dans les mois à venir....

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Manaus et les dauphins roses du Rio Negro

     Lorsque les hamacs sont décrochés et les affaires réunies, les potes baroudeurs se retrouvent sur le pont supérieur le temps que le bateau fasse les manoeuvres d'accostage. "A quel hôtel vous allez ? - Ben, on sait pas et vous ?" Personne ne sait vraiment où il va poser ses valises et à priori, personne n'a envie de se retrouver tout seul dans son coin. On décide donc de chercher un hôtel pour toute la bande et un couple de russes bien sympas Mika et Yana se joint à nous. Déjà que pour déplacer un groupe on va dire "normal", ce n'est pas évident mais alors un groupe de voyageurs solitaires (ou presque), ça devient encore plus compliqué. Chacun a sa façon d'opérer en terrain inconnu et chacun y va de sa proposition. On se met d'accord pour se rendre à l'Opéra qui semble être la place la plus centrale et de là, chercher un endroit qui nous accèpte tous et au tarif qu'on veut. On sort du terminal fluvial et une longue queue de taxis nous attend déjà. On en prend trois pour trimbaler tout le monde, à quinze Reais la course (8 euros grosso modo). Ca nous semble cher mais on a tous entendu dire que le Brésil est plus cher que le Pérou ou la Colombie d'où nous arrivons. Par contre, on sent qu'on s'est bien fait arnaqué quand ils nous déposent après un trajet de deux minutes environ soit cinq cent mètres avec deux feux rouges. Comme d'habitude, ils ont abusé des pauvres petits touristes naïfs qui débarquent dans le pays. Comme personne n'arrive à se mettre d'accord sur la direction à prendre, on se divise en plusieurs groupes, un qui garde les sacs et d'autres qui vont rayonner dans le quartier. Après une demi-heure de prospection, la meilleure option est un hôtel type auberge de jeunesse qui a de la place pour tous et au prix qu'on recherche. Enfin, une douche normale sans l'eau marron du fleuve, un lit qui n'est pas tendu entre deux cordes, un endroit où laver notre linge poisseux de transpiration et de l'humidité ambiante. Tout le monde est content de pouvoir poser son sac dans un endroit convivial et confortable avant de reprendre sa route. Pour ma part, je dois attendre trois jours mon vol pour Salvador de Bahia pendant que certains s'envolent vers Fortaleza ou Rio de Janeiro et d'autres reprennent le bateau vers Belém. Quoiqu'il en soit, on est tous ensemble pour profiter de ces quelques jours.

 
     Ayant déjà un peu roulé notre bosse et notamment en Amazonie, on a tous fait le tour classique dans la jungle qui nous est proposé dans tous les sites touristiques de la région et on n'a pas vraiment envie de le refaire. On cherche quelque chose de plus original et de plus abordable. Aline, la charmante (je dirais plutôt la somptueuse) réceptionniste de l'hôtel nous propose une balade d'une journée pour aller nager avec les dauphins roses. Il est assez courant d'en apercevoir mais là, il semblerait qu'on va pouvoir réellement se mettre à l'eau, nager avec eux, voire les toucher et ça, ça emballe tout le monde.
     Tôt le lendemain matin, une camionette vient nous chercher et nous amène au port où une barque nous attend. On s'éloigne du trafic fluvial intense autour du plus grand port de l'Amazonie puis on quitte le Rio Amazonas pour évoluer sur le Rio Negro. Une des premières choses qui me suprend, ce sont toutes ces superbes plages de sable blanc qui bordent les eaux noires du fleuve. Enfin noires !! Aujourd'hui, avec le grand ciel bleu qui se reflète sur la surface, on se croirait plutôt dans les Caraïbes et avec les îles éparpillées partout, j'ai l'impression de revivre notre arrivée dans les îles San Blas au Panama, il y a quelques années en arrière. C'est vrai que là où il y a du fond (il y a jusqu'à 90 mètres de profondeur sur le Rio Negro !), l'eau est vraiment noire mais sur la plage où l'on accoste, la clareté du sable fin la rend plutôt couleur sang ou thé rouge (tu vois de quoi je parle le Poz, non ?).
     On est accueilli par la famille qui vit dans ce petit paradis (si on considère que vivre isolés, à quelques heures de bateau de la civilisation, au milieu de l'impressionnante forêt amazonienne est un paradis). Maël et moi, on ne peut pas attendre tellement l'eau est chaude donc on s'y jette dès que le moteur est à l'arrêt et déjà, on aperçoit un ou deux ailerons dorsaux roses percer la surface à une centaine de mètres du rivage. Le père de la famille s'approche avec un seau rempli de poissons et dès qu'il tapote l'eau de la main, les dauphins s'approchent et se faufilent au milieu du groupe, nous surprenant en apparaissant juste à nos côtés ou nous effleurant les mollets avec leur peau lisse. Tour à tour, on leur donne un poisson pour les voir sauter devant nous et attraper leur nourriture avec leur long bec (un mais pas plus, il ne faut pas abuser du "pink dolphin feeding"). On reste deux heures à jouer avec eux et à les observer avec les masques. Ma seule déception est de n'avoir pu me laisser tracter par l'un d'eux en m'accrochant à son aileron mais je crois que ça, c'est que dans Flipper que ça marche. Après cette belle rencontre, on est rentré à Manaus, heureux comme des enfants, émerveillés par la balade et cette expérience magique de jouer avec les dauphins roses d'Amazonie.
 
 
     Mercredi soir mais apparemment, c'est le début des festivités du week-end et on sent une émulsion festive monter à l'idée de faire notre première soirée au Brésil. On part acheter de la cachaça (le rhum blanc brésilien indispensable à la confection de la caïpirinha) et des maracujà, histoire de se préparer quelques bons cocktails avant de partir em balada. On se renseigne auprès d'Aline, la magnifique, qui nous conseille d'aller au Porão de Alemão, le lieu où tout le monde va le mercredi soir. Les motivés sont Maël et Lesly les deux français, Paco le portugais, le couple de russes et moi bien sûr. On prend un taxi et quand on arrive devant la boîte, il y a effectivement une longue queue de noctambules impatients d'entrer se défouler sur...du hard rock. Ouais, nous aussi, on est plutôt surpris, on s'attendait plus à une ambiance samba ou à un truc dans le genre qu'à du Guns'N'Roses ou du AC/DC. On hésite un peu mais après tout, on est là maintenant alors on va voir ce que va donner. On s'installe dans la file et à ce moment, Lesly qui était malade depuis quelques jours mais voulait à tout prix faire la fête, nous fait un malaise, au bord de l'évanouissement. C'est l'excuse tant attendue par Yana pour se défiler et elle repartent toutes les deux vers l'hôtel. Nous voilà donc entre mecs au guichet de la boîte bondée.
     Quand je dis bondée, c'est un euphémisme !! Il faut jouer des épaules pour avancer vers le bar et commander les caïpis. On progresse comme on peut et là, c'est comme si toutes les têtes (féminines du moins) se tournaient à notre passage, nous saluaient d'un grand sourire et nous invitaient à boire avec elles. Toutes, peut-être pas mais comme si !!! D'ailleurs, ça fait bizarre, on se sent même intimidé ! On s'approche de la scène en feignant ne se rendre compte de rien et très vite, je me retrouve coincé,à ne plus pouvoir bouger, nez à nez, la poitrine collée contre celle d'une jeune fille, loin d'être laide mais disons pas trop dans mes goûts. Elle me fait de grands sourires et les yeux doux simultanément mais j'arrive à m'écarter sans donner non plus l'impression de fuir. Les potes avancent donc je les suis en la saluant d'un sourire. On arrive finalement devant le concert qui vient juste de commencer par des reprises de Red Hot Chili Peppers. On se sert tous dans les bras, on saute partout, émoussés par l'ambiance survoltée qui règne dans le bar. Quelques minutes plus tard, je vois se faufiler vers moi la fille de tout à l'heure qui se replace juste devant moi, sa poitrine opulente contre la mienne. Elle m'enlace en feignant danser et d'un mouvement cervical d'une rare agilité et vélocité, elle m'attrappe la bouche par surprise et m'embrasse goulûment sans somation. Elle me relâche de ses griffes et me dit droit dans les yeux : "Je reviens tout de suite, ne bouges pas." Dès qu'elle a le dos tourné, j'entraîne les potes amusés par ma détresse un peu plus loin dans la foule. On est hors de vue, je me remets à danser et à m'éclater sur les très bonnes reprises de System Of A Down qui suivent. Au-dessus de nous, dans les balcons VIP, je remarque une très jolie fille qui chante à tue-tête. Nos regards se croisent, elle me sourit, je lui souris et elle me signe de monter la rejoindre. Là, je n'hésite pas une seconde, je préviens les autres, je bouscule tout le monde pour atteindre les escaliers mais le vigil me barre la route. J'essaie de lui expliquer comme je peux et elle apparaît derrière lui pour lui demandé de me laisser passer. "Oi, meu nome é Paco. - Muito prazer Paco, eu so Karen." Elle m'entraîne vers le fond, me sert un verre de vodka et on commence à papoter. En fait, ça n'a pas du tout coller, on n'avait plus rien à se dire au bout de cinq minutes. Mais heureusement, mon pote Maël qui avait suivi à pris la relève et c'est la copine de Karen qui est venue me parler et avec qui ça a bien plus marcher.
     En fin de compte, ce n'était pas trop le type de musique à laquelle je m'attendais pour ma première soirée brésilienne mais au moins, on s'est bien amusé et ça nous a donné un petit aperçu de la chaleur des brésiliens et de leur grand sens de l'accueil. Ca promet pour la suite.
 
 
     Le lendemain, après m'être levé avec uma puta ressaca (une p****n de gueule de bois, ndlr), j'ai retrouvé Daiana qui m'a guidé dans les rues de Manaus pour connaître un peu mieux sa ville. Honnêtement, elle ne présente que peu d'intérêt (je parle de la ville bien sûr) puisque il y a surtout de hauts building sales séparés de bruyantes avenues au trafic infernal sans vraiment de bâtiment historique. Toutefois, elle est quand même moins dangereuse et moins sale que l'idée que j'en avais ou que les autres villes que j'ai vu dans le bassin amazonien (il faut se méfier tout de même apparemment). Ca a été pour moi une bonne occasion de pratiquer mon portugais encore très limité mais ça m'a demandé tellement d'effort de réflexion qu'en fin d'après-midi, en rentrant à l'hôtel, j'étais exténué mentalement.
 
     Le vendredi matin, je monte dans le pick-up pour accompagner les amis au bateau. Une bonne partie du groupe continue le voyage sur le fleuve jusqu'à Belém. Les adieux sont émouvants, personne n'a envie que la bande se dissolve mais c'est le jeu du voyage en solitaire, on fait de belles rencontres, des amitiés se créent et chacun finit par partir sur son propre chemin, la tête pleine de bons souvenirs partagés avec des gens qu'on a apprécié. Et je crois que cette fois, ces souvenirs resteront gravés pour longtemps.
     Ce soir, je prends l'avion pour Salvador de Bahia. Dans quatre jours, on sera le 26 avril 2011 et il faut que je prépare l'arrivée de mes parents et de leurs amis. Ca va faire du bien de revoir la famille.

Publié à 17:36, le 4/03/2012, Manaus
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Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

ça fait du bien

de retrouver ta plume
as-tu eu des nouvelles de ces super potes de voyage
BISES

Publié par mamanTapez ici votre prénom nom ou pseudo à 12:11, 4/03/2012

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Los bucéfalos rosados

Ça doit être très spéciale l'expérience de se frotter aux dauphins roses, leur couleur me semblaient presqu'albinos d'après un reportage TV sur l'Amazone mais plus à l'intérieur.

Alors le "thé rouge" oui, je vois ce que c'est comme couleur, d'ailleurs on retrouve cette couleur dans la Chapada Diamantina, là où l'eau est le plus noire, c'est à dire le plus propre.

Besotes, le POz.

Publié par Le POz ( el Padre ) à 13:07, 4/03/2012

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