El trotamundo
Après de nombreux voyages en Amérique du Sud principalement, je me suis enfin décidé à partir avec un aller simple et pour une durée indéterminée. On verra où le voyage me mènera, ce que les rencontres me feront découvrir, quels sont les endroits qui me fascineront,... l'idée étant de pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présenteront à moi dans les mois à venir....

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As Chapadas Diamantinas

     Après ces quelques jours passés au bord de la Baia de Todos os Santos, on quitte l'Océan Atlantique pour s'enfoncer dans les terres et monter un peu dans les hauteurs. Il n'y a pas vraiment de chaîne de montagnes au Brésil, le point culminant atteignant à peine 3000 mètres dans l'Etat de Roraima à la frontière vénézuélienne. Le pays est plutôt plat dans l'ensemble, étant déjà recouvert de plus de 40% de forêt amazonienne. Tout le long de la côte nordeste, le climat est tropical, chaud et humide, a Mata Atlântica prolifère et couvre les bords de mer de forêts luxuriantes. Après quelques dizaines de kilomètres dans les terres, le paysage change radicalement : la végétation disparaît peu à peu pour laisser place à de modestes collines couvertes d'herbes jaunies par un soleil de plomb. Le Sertão, sec et brûlant, s'étend sur des centaines de kilomètres vers l'Ouest et ne sera arrêté que par les premières pousses amazoniennes. Deci delà s'élèvent quelques timides montagnes, plutôt de hauts plateaux, conséquences d'activités sysmiques ponctuelles plus que de véritables mouvements tectoniques. Dans l'Etat de Bahia, ces massifs rocheux portent le nom de Chapadas Diamantinas. Mon père et Fred, mon grand frère, y étaient déjà allés il y a une dizaine d'années et le Poz n'arrêtait pas de dire qu'il devait un jour nous y emmener.
 
     En début d'après-midi, nous arrivons à Lençois, une petite ville qui a su garder un air d'antan avec ses maisons en pierre au bord de la rivière. C'est aussi le point de départ de toutes les excursions vers les Chapadas. Il ne manque pas d'agences qui organisent des randonnées à pied, en 4X4 ou à cheval pour 2, 3 ou 4 jours, voire plus pour les motivés. N'ayant rien préparé avant, on part à la recherche de renseignements afin d'organiser au mieux notre expédition. Pour la Moz et ses vertèbres tassées, il nous faut un mode de transport qui amortissent suffisamment les chocs causés par les possibles chemins accidentés et un endroit sympa où elle pourra rester pendant que nous irons marcher. C'est ce jour que j'ai su d'où vient mon manque d'habilité au marchandage ou de persévérance pour trouver LE bon plan, dès la première agence, les parents réservent le tour et négocient à peine le prix.
 
     Après un gargantuesque petit déjeuner dans le jardin de la pousada, on charge les affaires dans le 4X4 et on part en direction des fameuses Chapadas Diamantinas. Ces hauts massifs rocheux qui surgissent au milieu de grandes plaines ont le sommet aussi plat que leurs parois sont verticales. On dirait de hauts miradors que la nature aurait fait pousser là pour surveiller les étenduesplanes  alentours. Après quelques heures de virages au milieu de ces monuments minéraux, le chauffeur nous dépose au bord de la route avec Rodrigo, notre guide et repart vers la nouvelle pousada avec la Moz, ravie de passer son après-midi à broder. Le chemin part droit devant vers une de ces montagnes qu'il gravit sans trop de lacets. Rapidement, on commence à dominer ces plaines fertiles qui baignent dans une brume qui nous enveloppe peu à peu. L'atmosphère se fait de plus en plus humide au fur et à mesure que les arbustes et les plantes grasses laissent la place aux rochers et à de grandes flaques d'eau noirâtre. L'ambiance est étrange, on se sent comme dans un autre monde, j'ai un peu la même impression qu'au sommet du Roraima au Vénézuéla, montagne à la même forme que celle du coin qui aurait inspiré Sir Arthur Conan Doyle pour l'écriture du Monde Perdu (adapté au cinéma sous le titre Jurassic Park). Le chemin se transforme en ruisseau boueux et on est obligés de déchausser pour continuer à avancer dans cette eau colorée par l'infusion de déchets végétaux. Bientôt on perçoit au loin le bruit d'un torrent qui s'amplifie au cours de notre progression. On atteint enfin cette rivière, toujours noirâtre, que l'on traverse grâce à de vieilles planches posées entre les deux berges at après quelques virages dans les buissons, le paysage se dégage devant nous donnant place à un vertigineux cirque montagneux dans lequel se jette désespérément le cours d'eau. En s'approchant prudemment du bord de la falaise, on peut voir le fond du précipice et l'intégralité de la cascade qui s'appelle a cachoeira da Fumaça (la cascade de la fumée) parce qu'elle s'évapore en fine bruine avant même d'avoir atteint le sol. En revenant vers la route où l'on nous a déposés et où l'on vient nous récupérer, nous nous arrêtons dans une petite cahute pour goûter une spécialité bien brésilienne, o açaï. C'est une sorte de sorbet violet-mauve fait à partir d'une plante amazonienne aux vertus mondialement reconnues (c'est devenu très à la mode dans les milieux bio et végétarien). En général, c'est servi avec du müesli et des rondelles de bananes. Je veux bien croire que ça donne la pêche mais honnêtement je trouve que ça a surtout un goût de terre (ça, c'est ma première impression parce que, par la suite, o açaï na tigela sera l'élément principal de mes petits déjeuners).
     Quand notre véhicule pénètre enfin dans le village où l'on doit passer la nuit, o Valle do Capão, le soleil commence à poindre de nouveau et éclaire d'une lumière d'après-orage les chemins fleuris qui relient entre elles les maisons cachées dans la végétation. On ressent comme une certaine sérennité quand on arrive en ce lieu où s'est installé une communauté hippie depuis quelques années (j'ai appris peu de temps après grâce à Facebook qu'une copine de lycée, un peu hippie déjà à l'époque, vit là-bas mais malheureusement, on s'est raté). En entrant dans le domaine de la pousada, c'est comme d'entrer dans petit paradis terrestre : les maisons sont tout à fait charmantes, le jardin au pied des falaises est féérique et toujours cette sensation de sérennité. D'ailleurs, la Moz est enchantée et essaie déjà de nous convaincre de prolonger notre séjour d'une nuit, ce qui lui permettra de profiter du massage et du SPA le lendemain. On n'a pas été long à convaincre...
 
     Du coup, pendant que la Moz se fait dorloter au SPA, on repart marcher vers os Três Irmãos, notre objectif étant d'atteindre Aguas Claras pour s'y baigner. Une belle et longue randonnée en fond de plaine pendant laquelle nous avons passé beaucoup de temps à observer les plantes bizarres ou les champignons fluorescents qui semblent être très spécifiques à la région.
     Le dernier jour, nous reprenons le 4x4 pour revenir vers Lençois tout en s'arrêtant pour se jeter dans des cascades magnifiques ou aller jouer avec les mignons petits tamarins, plus connus chez nous sous le nom de ouistiti. Le clou de la journée (et peut-être de notre trip nas Chapadas) est sans conteste notre ascension du Morro do Pai Inacio peu avant la tombée de la nuit pour admirer le coucher de soleil sur l'ensemble des plateaux. Absolutamente maravilhoso !!! Décidément, le Brésil m'offre jusqu'ici dans les plus beaux couchers de soleil qu'il m'ait été donné de voir.
 
     De retour à Salvador, on a passé les deux derniers jours de mes parents au Brésil à compléter notre visite de cette superbe ville et à faire quelques achats. Nous avons aussi rencontré Max dont on a tant entendu parlé à l'époque où le Poz travaillait beaucoup ici. Il nous a invité à déjeuner dans un Rodizio, type de restaurant brésilien dont on avait aussi beaucoup entendu parlé (peut-être même plus que Max en fait). Le concept est le suivant : on paie un prix fixe pour avoir accès à un buffet à volonté et une fois assis, une miriade de serveur se présente à nous armés de longues broches sur lesquelles sont enfilées de gros bouts de bidoche ou de calabrese (grosse saucisse qui peut faire un peu penser à de la saucisse de Morteaux, en moins bon bien sûr). Chacun a une petite plaquette devant son assiette qu'on retourne face verte tant qu'on veut manger et face rouge quand on en peut plus. Un bon moyen de s'en mettre plein la panse tout en se faisant plaisir.
 
     Après cette dizaine de jours à Bahia, le Poz et la Moz reprennent leur route vers le Pérou et ma grand-mère qui doit les attendre avec impatience. Aussi content que j'ai été de les retrouver, le fait de les revoir partir me donne un petit coup au moral. Comme je l'avais écrit plus tôt, avant qu'ils arrivent, j'en avais un peu marre de voyager tout seul donc là, j'ai l'impression de faire marche arrière vers la solitude. Heureusement, les Baudouin's et Zabeth ne sont rentrés que deux jours après, du coup la transition a été plus douce. Et puis, c'était cool aussi de passer du temps seul avec eux à continuer les visites ou à boire des caïpirinhas sur a Praia do Forte en mangeant des brochettes de fromage au cumin ou aux fines herbes.
 
     En tout cas, ces deux semaines ont été géniales, aussi bien du point de vue des visites et des beaux paysages que des moments partagés avec mes chers parents et leurs "vieux amis". Et maintenant ? Finies les vacances ! Il va vraiment falloir que je recommence à travailler si je veux continuer à voyager comme ça...

Publié à 09:29, le 19/06/2012, Lençóis
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Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Commentaire sans titre

Merci beaucoup de tout ce que tu dis de moi.En fait,depuis que j'ai vu les photos de Papa et du Fréduz,j'ai eu envie de connaitre la chapada diamantina,il a fallu que je me casse le dos juste avant mais j'ai quand même beaucoup aimé.
Qui est cette copine? Bises

Publié par p'tite mémé à 19:42, 19/06/2012

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Le pourquoi des choses

C'etait pour moi important de revenir avec vous dans les Chapadas tout en esperant qu'en 11ans elles n'aient pas trop été touchées par le tourisme. C'est varai que les brésiliens conservent assez bien leurs sites comme les Chapadas.
Vous présenter Max, avec qui nous avons réalisé un des projets des plus marquants pour nos carriéres, était également impoprtant.

L'occasion fut belle et nous avons bien profité de notre séjour ensemble.

Obrigadao meu filho, ficamos esperando pelas narrativas tao interesantes et bonitas.

Le POz

Publié par Le POz ( el Padre ) à 22:16, 19/06/2012

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